Seydou Guèye brûle les «pétro-râleurs»

Le ministre conseiller en communication à la Présidence de la République monte au front. Seydou Guèye ouvre le feu sur les opposants qu’il traite de «pétro-râleurs» et fait une mise au point par rapport au débat sur le chef de l’opposi- tion. «La question du chef de l’opposition n’est pas une his- toire de marchandage financier», assène-t-il.

Quelles sont les leçons que l’on peut retenir de cette rencontre inhabituelle ?

L’initiative présidentielle consistant à réunir autour d’une même table le Cabinet de mon- sieur le président de la République, les ministres et les hauts cadres de l’Administra- tion, participe d’une démarche managériale orientée vers la cohérence, l’efficacité et la per- formance de l’action publique. En réalité, le temps de l’action conjugué au mode fast-tract impose du rythme à la gouver- nance de l’action publique et requiert des équipes tournées vers la délivrance des solutions et des résultats. Ainsi, au-delà du rituel qu’impose une telle rencontre, il s’est agi pour le président de la République, d’indiquer les marqueurs structurants du quinquennat et d’indiquer la direction à pren- dre pour réaliser les ambitions de la deuxième phase du Plan d’actions prioritaires du Plan Sénégal émergent. Le Président Macky Sall a compris que les préoccupations des Sénégalaises et Sénégalais sont à la fois nombreuses et multiformes et en perpétuel renouvelle- ment. Dès lors, il fallait créer de nouvelles synergies gouverne- mentales pour prendre en charge les questions prioritaires des Sénégalais d’ici et de la di- aspora. Cette nouvelle séquence ouverte par le Président Macky Sall augure un re- nouveau sans précédent de l’action gouvernementale placée sous la responsabilité unique du président de la République dont l’ambition est de laisser aux générations futures, un Sénégal résolument ancré sur la voie de la moder- nité et du progrès social. Na- turellement, ce nouveau cap a indiqué par le Président Macky Sall intègre une dimension com- municationnelle intégrale qui engagera le Bureau d’informa- tion gouvernementale dans la mise en œuvre de nouvelles rationalités communicationnelles.

M. le ministre, avez-vous abordé la situationdans les prisons lorsde ce séminaire gouvernemental ?

Une précision s’impose. Le séminaire gouvernemental s’inscrit dans une logique de cadrage méthodologique de l’action publique. Les situations con- joncturelles sont appréhendées au niveau ministériel. Et à ce titre, il est important de rappeler que l’Etat sénégalais est re- spectueux des droits et libertés individuelles. La décision de pri- vation de liberté est de la re- sponsabilité du juge. A charge pour l’Etat de créer les condi- tions d’une bonne administra- tion de la justice. La situation dans les prisons est certaine- ment préoccupante, et c’est dans ce sens qu’il faut compren- dre que le désengorgement des prisons constitue une priorité pour le gouvernement et des décisions fortes ont été prises pour plus de célérité dans le traitement des dossiers judici- aires et de nouvelles alterna- tives à l’emprisonnement. Sans compter la directive présiden- tielle pour l’achèvement de la prison de Sébikotane afin de lut- ter contre le surpeuplement. Toutes les autres prises de posi- tion ne sont que de l’agisse- ment politicien et procède d’un activisme sans fondement ob- jectif, pour ne pas dire d’un populisme outrancier.

Quel commentaire faites- vous de l’option prise par le président de la République de procéder à la rationalisation des dépenses publiques ?

Il faut comprendre juste une chose; l’ambition du Président Macky Sall vise un Etat à la fois modeste dans ses dépenses et efficace dans sa gouvernance. Mieux, il est question à travers les dernières mesures, de gagner des espaces budgétaires pour réinjecter les économies réalisées dans le financement du développement économique et social de notre pays. A travers cette décision, le Président Macky Sall conforte la logique de sa dé- marche de rupture en profondeur dans la manière de gérer l’Etat au plan institution- nel et économique. En 2012, lors de son premier discours à la Nation, le Président Macky Sall rappelait que son option, pour la satisfaction de la de- mande sociale, consiste à ex- plorer toutes les possibilités d’économies budgétaires, et toutes les niches de gaspillage, dans le seul but de mobiliser des ressources suffisantes pour le soutien aux ménages. L’am- pleur des attentes citoyennes en matière d’éducation, de for- mation professionnelle et d’em- ploi, justifie une telle mesure. Et rien que pour le téléphone, ce sont des économies de quinze (15) milliards d’économies qui seront réalisées. Les prochaines décisions porteront sur l’eau, l’électricité, les véhicules admin- istratifs, les réparations et le car- burant. Le Sénégal n’est pas dans une logique de moins d’E- tat, mais de mieux d’Etat pour créer les conditions d’une vie en parfaite harmonie avec les exigences de la gouvernance sobre et vertueuse. Ces ré- formes ne sont pas faites contre l’administration ou contre les fonctionnaires. Elles sont en- gagées au profit des Sénégalais et d’un État qui doit être à leur service avec efficacité.

Est-ce que l’APR peut oc- culter aujourd’hui la ques- tion de la succession du Président Macky Sall ?

Je sais que les débats sur les successions politiques non encore ouvertes et les pactes qui pour- raient être conclus sur ces questions passionnent la presse et les analystes politiques, qui ex- cellent dans la météo politique et les anticipations. Pour l’heure, à l’APR, il n’y a pas de débat portant sur la succession du Président Macky Sall. L’Alliance pour la République ne va jamais tomber dans le piège média- tique d’un débat à la périphérie de notre trajectoire politique. A chaque jour suffit sa peine. Le temps du débat viendra. Le nouveau mandat qui devra consolider les acquis du septen- nat et ouvrir de nouvelles per- spectives par rapport aux ré- formes majeures de la deuxième phase du Plan d’ac- tions prioritaires. Il est dans le temps de l’action et toute autre posture n’est que déviation par rapport à la ligne du Président et du parti. L’Alliance pour la République est le parti présiden- tiel et elle incarne la position de son leader, en l’occurrence, le Président Macky Sall. L’illustra- tion la plus parfaite est la décision récemment prise en France de dissoudre toutes les structures porteuses d’une telle con- fusion. Dès lors, toutes les personnalités politiques de l’APR ne doivent avoir qu’une ambi- tion, être aux côtés du Président, le soutenir pour lui permettre de réussir le quinquennat et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la grande coalition gagnante de Benno Bokk Yakaar.

Barthélémy Dias et Cheikh Bamba Dièye soupçon- nent le chef de l’État d’avoir le dessein de briguer un troisième man- dat en 2024…

Certains acteurs de notre opposition nous ont habitués à la logique de la suspicion, de la contrevérité et du harcèlement. S’ils sont des adeptes de la fic- tion, ce qui est leur liberté, je reste, pour ce que me con- cerne, sur l’analyse et l’action sur la réalité pour la transformer positivement au profit des Séné- galais. Parfois, il est important que les journalistes puissent nous aider dans l’usage du qualificatif opposant. Un mili- tant d’un parti d’opposant ne saurait avoir la qualité d’un opposant au Président Macky Sall. C’est faire mauvais procès au Président Macky Sall que de lui attribuer des positions qui ne reflètent qu’une vue d’esprit de sursitaires politiques en quête de légitimité médiatique.

Que vous inspirent les ac- cusations de la plateforme «Aar li nu bokk» sur la gestion du pétrole et du gaz, avec l’affaire du pré- sumé scandale à 10 mil- liards ?

Absolument rien, sinon l’arbitrage des citoyens sénégalais qui, par leur bon sens, ont com- pris que les animateurs de cette plateforme sont complètement hors sujet par leurs accusations sans preuve. Ils ont fini par ex- aspérer les Sénégalais. Aujourd’hui, ils peinent à mobiliser les Sénégalais, car derrière leur combat, se cachent des mobiles inavoués. La vérité judiciaire nous édifiera au travers des différentes séquences ouvertes. Dans ce débat, personne ne prendra à défaut le Président Macky Sall. Car son option est claire : transparence et bonne gouvernance de nos ressources naturelles. Une option con- sacrée dans la nouvelle Consti- tution qui fait du peuple, le pro- priétaire exclusif des ressources naturelles. Le reportage de la BBC est une sorte de serpent de mer je vous emprunte cette ex- pression à vous les journalistes – pour des opposants en panne d’idées et de réflexions. Je ne parle même pas de projet de société. Car le seul rendez-vous avec l’avenir accepté par le pe- uple sénégalais, réside dans l’of- fre programmatique du Prési- dent Macky Sall qui a été élu avec une majorité confortable de 58,2% au soir du 24 février 2019. Cette opposition qui fo- mente autour du gaz et du pétrole, n’inspire aucune confiance. Alors, le peuple sénégalais doit rester vigilant. Les fonds vautours ont leurs ramifications in- soupçonnées.

Que pensez-vous des révélations tous azimuts d’Ousmane Sonko et de Mamadou Lamine Diallo sur la gestion du régime ?

S’il y a des hommes et femmes passionnés par les mots croisés et des quizz, j’estime que la poli- tique est loin d’être un jeu. La haine, l’affabulation et le men- songe ne peuvent pas être érigés en catégories politiques et ne sont d’aucune utilité au projet démocratique. Le temps du gouvernement porte sur l’action au quotidien pour répondre aux aspirations du peuple dans sa territorialité et son intégralité. Dans le discours de ces deux personnages, il n’y a aucune révélation et aucune vérité. Ce sont, vous journalistes qui ont récemment soulevé les incohérences dans les accusations portées par certains entrepreneurs politiques. Ce n’est que peine perdue, car le gou- vernement est dans une logique de vérité et de transparence. Dans cette double confrontation à la fois média- tique et publique, nous allons apporter une riposte à la mesure des accusations. Le peuple sénégalais saura que le Sénégal décrit par les «pétro râleurs», est plus proche de la virtualité fantaisiste que de la réalité objective. En ce qui con- cerne cette histoire de 2 milliards prévu pour le chef de l’opposition, cela me semble être une invention sortie directement de la tête de son auteur. La question du chef de l’opposition est un paradigme pour renforcer notre démocratie, non une histoire de marchandage financier.

avec VoxPopuli

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