Histoire de la Pierre Noire dans l’esplanade de la Kaaba à La Mecque

Histoire de la Pierre Noire dans l'esplanade de la Kaaba à La Mecque

Histoire de la Pierre Noire dans l’esplanade de la Kaaba à La Mecque

 

Dans l’esplanade de la Ka’ba, les têtes et les mains des pèlerins qui accomplissent le tawâf se bousculent autour d’un cadre en argent poli situé à un mètre et demi du sol à l’angle sud-est de la majestueuse Ka’ba. Les pèlerins cherchent à embrasser une grande pierre de forme ovale et de couleur noirâtre.
L’exégète Fakhr al-Dîn al-Râzî (606 de l’hégire), qu’Allah lui fasse miséricorde, dit dans son livre intitulé Tafsîr al-Qur’ân : « Lorsque Adam () descendit vers la terre, il se plaignit de la solitude. Allah, exalté soit-Il, lui ordonna de construire la Ka’bah, et il fit la circumambulation autour d’elle».
Abou-l-Walîd Al-Azraqui, mort en 223 de l’hégire, cita dans son livre Akhbâr Makka les paroles de Wahb Ibn Monbih, un rabbin juif qui embrassa l’Islam, affirmant que : « Lorsqu’Allah, exalté soit-Il, accepta le repentir d’Adam () Il lui inspira de se diriger vers la Mecque et lui raccourcit les distances jusqu’à ce qu’Adam () parvienne à cet endroit. Avant de l’atteindre, et au vu du malheur dans lequel il se trouvait, Adam () s’était mis à pleurer abondement et son chagrin était devenu grand. Au point qu’à le voir dans cet état, les anges se chagrinaient et pleuraient. Allah, exalté soit-Il, le réconforta en lui accordant une des tentes du Paradis. Allah, exalté soit-Il, posa cette tente à la Mecque, plus précisément à l’endroit de la Ka’ba avant que celle-ci ne soit construite. Cette tente était un rubis du Paradis. Elle renfermait trois lampes en or faites à partir des pépites du Paradis. Ces lampes étaient éclairées par la lumière du Paradis. Le rukn (coin) – qui était un corindon blanc pris des fondations du Paradis et qui servait de chaise pour Adam – est descendu simultanément avec cette tente.»
La Pierre Noire est le plus ancien corps céleste, et, dit-on, les deux seules choses du Paradis qui se trouvent sur terre sont la Pierre Noire et le Maqâm (Station) d’Ibrâhîm (). C’est l’archange Djibrîl () qui la descendit du ciel. Les histoires qui se rapportent à la Pierre Noire sont longues et doivent être vérifiées du point de vue historique. Des rapports nous ont été transmis à propos des caractéristiques de la Pierre Noire et tous ces rapports ont de faibles chaînes de transmission, mais ils figurent parmi les informations transmises à cet égard.
Ce qui nous intéresse ici c’est le côté pratique, c’est-à-dire le mérite de la Pierre Noire et son importance dans la législation islamique. Parmi ses mérites figure le fait qu’elle représente la Main Droite d’Allah, exalté soit-Il, et que celui qui n’a pas eu l’occasion de prêter serment d’allégeance au Messager d’Allah () mais qui a embrassé cette Pierre Noire, c’est comme s’il l’avait fait. Parmi ses mérites figure aussi le fait que le Messager d’Allah () en a dit : « Elle descendit et une lumière en provenait alors. Et si les mains des polythéistes ne l’avaient pas touchée, Allah en aurait fait le moyen par lequel tout malade guérit ».

Parmi les histoires rapportées à son propos, il y a aussi celle selon laquelle Allah, exalté soit-Il tira une descendance des reins des fils d’Adam et les fit témoigner : « Ne suis-Je pas votre Seigneur ? ». Ils répondirent : « Si et nous en témoignons ». C’est alors qu’Allah, exalté soit-Il, inscrivit ce témoignage dans un livre qu’Il déposa dans la Pierre Noire. Certains orientalistes prétendent que la Pierre Noire est un météore ou les restes d’une étoile filante qui aurait atterri sur la terre tandis que d’autres orientalistes prétendent que l’Islam a détruit les idoles des polythéistes de Quraych durant la conquête de La Mecque, mais que les musulmans ont vénéré par la suite la Pierre Noire et d’autres pierres encore.
Les thèses des orientalistes sont basées sur des conjectures alors que ce que les musulmans savent de la Pierre Noire repose sur la certitude et, la règle générale veut que ce qui repose sur la certitude ne peut pas être battu en brèche par ce qui repose sur le doute. Le cheikh Muhammad Tâhir al-Kurdî dit dans son livre intitulé Maqâm Ibrahîm : « Il est à noter que durant l’époque préislamique, les Arabes, en dépit du fait qu’ils adoraient les idoles, notamment celles de La Mecque et du Harâm, n’ont jamais adoré la Pierre Noire ni le Maqâm, malgré le grand respect qu’ils avaient pour eux et le fait qu’ils les préservaient ». Et d’ajouter : « Nous avons médité sur les raisons de cette situation et avons trouvé qu’elle est due à la protection qu’Allah, exalté soit-Il, a procurée à Sa religion. Si l’on avait adoré ces deux choses à l’époque préislamique comme des associés d’Allah, exalté soit-Il, et que l’Islam leur avait accordé de l’estime en ordonnant aux gens d’embrasser la Pierre Noire et d’accomplir la prière derrière le Maqâm, les polythéistes, ennemis de l’Islam, auraient dit : « L’Islam a approuvé le respect de certaines idoles et il ne s’est pas complètement débarrassé de l’impureté du polythéisme ». De même, il aurait pu affirmer que quiconque les adorait avant l’Islam continuerait à le faire après l’Islam. C’est pour toutes ces raisons qu’Allah, exalté soit-Il, a protégé ces deux pierres et a fait en sorte qu’elles ne soient pas adorées à l’époque préislamique. Les livres authentiques de la Sunna confirment que la Pierre Noire est un corindon du Paradis. Lorsqu’elle descendit sur terre, elle avait une couleur plus blanche que celle de la neige et le lait. Le Messager d’Alla (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) dit : « Cette Pierre viendra le Jour de la Résurrection munie d’yeux pour voir et d’une langue pour parler et elle témoignera en faveur de celui qui, poussé par la foi en Allah et l’espoir de Sa rétribution, l’aura saluée en la touchant, en l’embrassant ou même en faisant un signe dans sa direction ».

La pierre a été déposée, sur ordre d’Allah, exalté soit-Il, à l’angle de l’honorable Ka’ba qu’on nomma « al-Rukn ». Elle est encastrée en profondeur dans la structure de la Ka’ba et on n’en voit que la tête devenue noire à causes des péchés des polythéistes. Quant à la partie incrustée dans la Ka’ba, elle est de couleur blanche. Selon ‘Abdallah ibn ‘Amr ibn al-‘Âs, qu’Allah soit satisfait de lui : « La Pierre Noire était plus blanche que le lait et avait la longueur d’un humérus ».
Ibn Ishâq, historien mort en 151 de l’hégire, dit dans son livre intitulé Sirat Imam ahlu al-Siyar en narrant le récit de la construction de la Ka’ba par le Prophète Ibrâhîm () : « Lorsque la construction commença à prendre de la hauteur, Ismaïl () rapprocha le Maqâm de son père Ibrâhîm (). Ce dernier se tenait debout sur le Maqâm et travaillait à la construction. Ismaïl () déplaçait le Maqâm autour de la Maison Sacrée jusqu’à ce qu’Ibrâhîm () finisse le travail de construction à l’endroit où se trouve actuellement le Rukn. Ibrâhîm () dit alors à Ismaïl : « Apporte-moi une pierre pour la mettre ici afin qu’elle marque pour les gens le début du tawâf (circumambulation) ». Ismaïl () alla donc chercher la pierre et lorsqu’il revint Djibrîl () avait déjà apporté à Ibrâhîm () la Pierre Noire. Allah, exalté soit-Il, avait déposé celle-ci sur le mont d’Abû Qabîs. Ce mont est situé tout près de la Maison Sacrée. Safâ en fait partie. Lorsqu’Allah, exalté soit-Il, a inondé la terre à l’époque de Nuh (Noé) () Il dit à Djibrîl () : « Lorsque tu verras mon ami intime construire Ma Maison, sors lui cette pierre ! ». Ismaïl () dit à son père: « Où avez-vous trouvé cette pierre, mon père ?» Ibrâhîm () répondit : « Djibrîl me l’a apportée ». Lorsque Djibrîl () posa la pierre à son emplacement et qu’Ibrâhîm () bâtit sur elle, la pierre étincelait tellement elle était blanche et sa lumière se répandit partout à l’Orient et à l’Occident, à gauche et à droite ». Il dit : « Sa lumière éclairait les frontières du Harâm de tous les côtés ».

Lorsque la Ka’ba fut détruite en 1039 de l’hégire à cause d’un torrent dévastateur, le sultan ottoman Murâd la reconstruisit. L’imam ibn ‘Illân al-Makkî figure parmi les personnes qui assistèrent à sa reconstruction. Il décrit en détail les étapes de sa reconstruction. Il dit à propos de la Pierre Noire qu’il vit de ses yeux : « La partie de la pierre incrustée dans la Ka’ba est d’une blancheur semblable à celle du Maqâm. Elle avait une longueur équivalente à celle d’un demi-bas et une largeur équivalente au tiers d’un bras moins un qîrât (largeur d’un doigt) à une certaine partie. Son épaisseur est de quatre qîrât-s. Elle est entourée de lanières d’argent.». Il dit aussi : « Les fragments de la Pierre Noire sont au nombre de treize, les grands fragments sont au nombre de quatre, les autres sont plus petits. On prépara un composé chimique avec lequel on colla les fragments qui s’étaient détachés de la Pierre Noire ».

L’historien et calligraphe Muhammad Tâhir al-Kurdî, mort en 1400 de l’Hégire, expliqua ce qu’était devenue la Pierre Noire environ cinquante ans plus tôt : « La partie visible de la Pierre Noire à notre époque – celle que nous embrassons et dans la direction de laquelle nous faisons un signe de la main – est composée de huit petits fragments de différentes tailles. Le plus grand fragment a la taille d’une datte. Ces fragments tombèrent de la Pierre Noire lorsque certains ignorants et agresseurs l’attaquèrent aux époques passées. Le nombre de ces fragments était de quinze il y a cinquante ans, c’est-à-dire au début du quatorzième siècle de l’hégire, puis ce nombre a diminué à cause des travaux de restauration effectués sur le cadre de la Pierre Noire. Les plus petits fragments furent pétris avec de la cire, du musc et de l’ambre et replacés dans cette noble Pierre Noire.
‘Ubaydallah al-Kurdî, qu’Allah lui fasse miséricorde, l’auteur du livre Al-Ka’ba al-mu’azhzhama wal-Haramân al-charîfân, et historien spécialiste dans l’histoire de l’élargissement de la Mosquée Sacrée et de la Mosquée prophétique ainsi que de la restauration et du renouvellement de l’honorable Ka’ba, soutient ce qui est mentionné dans la description de la Pierre Noire par l’historien Tâhir al-Kurdî. Il confirma dans son livre publié en 1419 de l’hégire (1999) que la Pierre Noire est actuellement indescriptible, car nous n’en voyons que huit petits fragments. (Il cita pour soutenir cet avis les propos de Tâhir al-Kurdî).

Les Qarmates ont une Histoire sombre avec cette Pierre noble qu’Ibn ‘Abbâs, qu’Allah soit satisfait de lui, décrit en disant : «Le Rukn et le Maqâm sont deux corindons du Paradis et ils finiront par y retourner. Si les impuretés n’avaient pas touché ce Rukn, ce dernier aurait guéri l’aveugle-né et le lépreux ». Il y a 1107 ans, la Pierre Noire a été exposée à l’accident le plus atroce de l’histoire islamique lorsque Tâhir al-Qarmatî Sulaymân ibn Abî Sa’îd prit d’assaut la Maison Sacrée d’Allah, exalté soit-Il, en 317 de l’hégire. Les Qarmates adoptent une doctrine « bâtinite » (de la Bâtiniyya). Leur nom se réfère à un homme originaire de Koufa, nommé al-Qarmatî, qui prôna l’athéisme et la mécréance flagrante. Le Calife abbasside al-Muktafî Billah le tua en l’an 293 de l’hégire.

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