Discours du Président Macky Sall lors du Conseil Présidentiel Sur Le Plan D’actions Prioritaires pour la Relance Économique

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Madame la Présidente du Haut Conseil des Collectivités territoriales,

Madame la Présidente du Conseil économique, social et environnemental,

Monsieur le Ministre d’État, Secrétaire général de la Présidence de la République,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs les Représentants des élus,

Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Missions Diplomatiques et Représentants des partenaires au développement,

Mesdames, Messieurs les autorités de l’administration territoriale,

Mesdames, Messieurs les Représentants du Secteur Privé,

Mesdames, Messieurs les Représentants de la Société Civile,

Mesdames, Messieurs,

Bonjour et bienvenue à toutes et à tous, à l’occasion de ce Conseil présidentiel sur le Plan d’Actions Prioritaires ajusté et accéléré (PAP 2A) pour la relance de l’économie nationale.

Suite à la réunion gouvernementale préparatoire du 13 août dernier, j’ai souhaité réunir ce Conseil présidentiel en présence des représentants des Institutions, des forces vives de la Nation, du secteur privé, de la société civile et de nos partenaires.

J’ai voulu réitérer ainsi mon attachement au processus participatif dans la définition des politiques publiques touchant à la vie économique et sociale de notre pays.

Cette approche inclusive est d’autant plus opportune que nous évoluons toujours dans le contexte d’une crise sanitaire et économique profonde et inédite, dont les lendemains sont encore incertains.

A titre illustratif, notre taux de croissance du PIB, initialement projeté à 6,8% pour 2020, pourrait chuter en dessous de 1%.

Pour autant, ne baissons pas les bras. Au contraire, il nous faut rester combatifs dans l’esprit, déterminés dans l’action, calmes, sereins et humbles dans la réflexion et l’analyse.

J’insiste particulièrement sur le calme, la sérénité et l’humilité, parce que c’est ce qui nous aide à comprendre une situation donnée, et nous déterminer à prendre la bonne décision et à agir dans le bon sens.

Voilà ce qui guide, à ce jour, la démarche que j’ai assignée au gouvernement dans la gestion de la pandémie COVID-19 et ses impacts économiques et sociaux.

Devant l’inconnu, c’est cette vision qui avait fondé notre décision, en février dernier, de ne pas rapatrier nos jeunes étudiants de Wuhan, en Chine; sachant même qu’à ce jour, le virus COVID-19 n’a pas encore révélé tous ses secrets.

Et face à l’ampleur et à la brutalité de la crise, c’est la même vision qui nous a permis de concevoir et exécuter en urgence un Programme de Résilience Économique et Sociale, financé à hauteur de 1000 milliards de fcfa par le Fonds de Riposte et de Solidarité contre les Effets de la Pandémie COVID- 19, FORCE-COVID-19.

Je remercie, une fois de plus tous les pays, Institutions partenaires et bonnes volontés pour leur soutien matériel et leur contribution au financement du FORCE COVID-19.

Avec le Programme de Résilience Économique et Sociale nous avons pu :

➢soutenir le secteur de la santépar le relèvement substantiel du plateau médical, le diagnostic et le traitement gratuits des malades ;

➢assister nos populations en denrées de première nécessité et produits phyto sanitaires ;

➢appuyer notre diaspora, si généreuse envers la Nation en temps normal ;

➢sauvegarder la stabilité macroéconomique ;

➢soutenir notre secteur privé et préserver l’emploi à travers un paquet de mesures fiscales, douanières et d’injection de liquidités ;

➢enfin, assurer l’approvisionnement continu du pays en hydrocarbures.

Sur le volet santé en particulier, en plus des efforts substantiels consentis dans la lutte anti COVID-19, dont 35 Centres de traitement, nous finalisons actuellement le Plan d’investissements pour un système de santé résilient et pérenne d’un montant de plus de 500 milliards de fcfa.

Ce Plan servira à moderniser davantage notre système de santé, par la réhabilitation, la construction et l’équipement de structures, et le recrutement de professionnels de la santé, notamment des médecins, infirmiers et infirmières, des sages-femmes, ainsi que des personnels de soutien.

S’agissant de notre politique de riposte sanitaire et de gestion des effets de la crise, j’ai toujours voulu qu’elle soit éclairée par la science et qu’elle tienne compte de nos réalités économiques et socio- culturelles.

Ainsi, notre plan de riposte sanitaire a toujours reposé sur la consultation préalable de nos professionnels de la santé. De même, en l’absence de médicament spécifique et de vaccin anti COVID-

19, nous leur faisons entièrement confiance pour le traitement des malades.

Au titre des mesures préventives pour limiter la propagation du virus, en lieu et place du confinement appliqué ailleurs, nous avons plutôt opté pour la restriction dans les transports et les rassemblements, en plus des gestes barrières. Cette stratégie est en effet plus conforme à la structure de notre économie, où l’informel occupe une place prépondérante. Elle est, en outre, mieux adaptée à notre vécu socio-culturel.

A ce jour, si rien n’est encore définitivement acquis dans la lutte contre la pandémie et ses effets, nous devons être fiers et confortés que notre stratégie et ses résultats probants soient reconnus et plébiscités par d’éminents spécialistes et des

organismes indépendants. Je citerai ici le Prix d’Excellence décerné à notre pays par le prestigieux Institut Africain-Américain et le Foreign Policy Magazine, de réputation internationale, dont une étude récente classe notre pays au 2e rang mondial pour sa gestion de la pandémie, juste derrière la Nouvelle Zélande.

Aujourd’hui, forts de nos acquis, mais également conscients de nos limites et de nos vulnérabilités, il s’agit pour nous d’amorcer une nouvelle séquence dans la gestion de la crise COVID-19, en passant de la résilience à la relance, et en nous basant toujours sur la vérité des faits.

Et à l’épreuve des faits, l’expérience nous enseigne trois constats :

Premier constat : en dépit de toutes les analyses prospectives, personne ne peut prévoir combien de temps va durer la pandémie.

Deuxième constat : comme je l’avais d’ailleurs indiqué dans mon discours du 11 mai, à l’occasion de l’allègement de l’état d’urgence, il nous faut apprendre à vivre en présence du virus, en adaptant nos comportements individuels et collectifs à l’évolution de la pandémie.

Troisième constat : l’expérience nous enseigne que dans la gestion optimale de la pandémie COVID-19, on ne saurait choisir la santé au détriment de l’économie, ni l’économie aux dépens de la santé. Non. Le bon choix, c’est à la fois celui de la santé et de l’économie, toutes précautions prises. La santé et l’économie ne sont pas contradictoires. Elles sont plutôt complémentaires.

L’une ne va pas sans l’autre. Pas d’économie qui prospère sans la bonne santé ; et pas de bonne santé durable sans l’économie qui la finance.

En somme, il nous faut travailler pour faire vivre notre économie, tout en veillant sur notre santé. Voilà ce qui fonde notre stratégie pour remettre notre pays sur la trajectoire de croissance forte d’avant COVID-19, afin de maintenir le cap sur l’émergence à l’horizon 2035.

C’est à cette fin que j’ai demandé au Gouvernement de préparer le Plan d’Actions Prioritaires ajusté et accéléré (PAP 2a) que nous examinons aujourd’hui pour validation, dans la même dynamique participative que nous avons adoptée dès le début de la crise.

Le PAP 2a repose sur le constat suivant: la pandémie COVID-19 nous a révélé des vulnérabilités potentielles qui nous exposeraient à des pénuries en cas de rupture de fret ou de rétention de certains produits par les pays exportateurs pour satisfaire leurs propres besoins. Il en est ainsi de l’agriculture et de l’industrie pharmaceutique, entre autres.

En conséquence, pour parer à de tels risques, nous voulons, à travers le PAP 2a, et sur la séquence 2019-2023, donner une sur-priorité à la souveraineté alimentaire (agriculture, élevage et pêche), pharmaceutique et sanitaire, et booster en même temps l’industrialisation de l’économie, le numérique, le tourisme, le logement, en favorisant davantage l’équité territoriale et l’inclusion sociale. Parallèlement, les projets stratégiques des infrastructures et de l’énergie seront poursuivis. Je précise que le PAP 2a ne se substitue pas au Plan Sénégal Émergent, qui, dans sa Phase II, reste notre référentiel en matière de stratégie de développement économique et social.

D’après nos projections, la mise en œuvre du PAP 2a nous permettra de retrouver une croissance du PIB de l’ordre de 5,2 % en 2021 ; 7,2% en 2022 et 13,7% en 2023 ; soit le premier taux de croissance du Sénégal à deux chiffres, avec l’exploitation de ressources gazières pétrolières. Sur la période 2019-2023, le PAP 2a requiert un financement de 22,4 milliards d’euros dont le tiers est attendu du secteur privé.

Je souhaite que le secteur privé national s’engage résolument à nos côtés pour atteindre cet objectif. J’y invite également le secteur privé étranger. Tous, vous y avez votre place.

Je reste, pour ma part, déterminé à poursuivre le processus d’amélioration de l’environnement des affaires, notamment par la simplification des formalités et des procédures et la mise en place de facilités propices à l’investissement. Il en est ainsi de l’adoption prochaine de la loi sur le Partenariat Public Privé.

Je tiens également à saluer l’engagement à nos côtés de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux, en particulier les Institutions et pays amis qui nous font confiance et nous soutiennent dans nos efforts de résilience et de relance. Avec la hausse de 50% du budget de la présente campagne agricole qui est passé de 40 à 60 milliards de FCFA en anticipation d’une excellente saison des pluies, les récoltes, que nous espérons abondantes, placeront l’économie nationale dans une meilleure perspective pour 2021.

Alors, pour emprunter le langage sportif, le moment est opportun pour passer de la défense à l’attaque par la relance, toujours en adoptant notre stratégie jusque-là gagnante : la stratégie de bloc-équipe, inclusive et participative, qui associe l’Etat, les forces vives de la Nation et nos partenaires. C’est l’objet même de nos présentes consultations dont les recommandations viendront enrichir le travail déjà fait.

Par notre mobilisation et la synergie de nos efforts, je suis confiant qu’ensemble nous pourrons relever le défi de la relance de notre économie.

Je déclare maintenant ouvert le Conseil présidentiel sur le Plan d’Actions prioritaires ajusté et accéléré pour la relance de l’économie nationale.

Je donne la parole au Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération.

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