Quel est le statut de la célébration du nouvel an de l’Hégire ?

Quel est le statut de la célébration du nouvel an de l’Hégire ?

As-salâmu ‘alaykum wa rahmatou Allah wa barakâtuh,

Quel est le statut de la célébration, des félicitations et de l’envoi de messages [de vœux] à l’occasion du nouvel an de l’Hégire ?

Qu’Allah vous récompense par le bien.

Réponse du cheikh Abû Muhammed Al-Maqdisî

Louanges à Allah, prières et salutations sur le Messager d’Allah ainsi que sa famille, ses Compagnons et ses alliés.

Certes, le fait de célébrer le nouvel an de l’Hégire, d’en faire un jour férié, d’organiser des fêtes et des festivals et d’envoyer des messages [de vœux], fait partie des innovations et des choses inventées qui sont prohibées dans notre religion . En effet, ce genre de festivités n’a jamais eu lieu à l’époque des meilleures générations de l’Islam et si cela contenait un quelconque bien, les musulmans de l’époque nous auraient précédé en cela.

Les plus célèbres à avoir instauré cette tradition innovée sont sans doute les gouverneurs de l’état des ‘Ubaydiyya en Egypte. D’ailleurs, Al-Maqrîzî dans ses Khutat, a cité le nouvel an parmi les jours que les ‘Ubaydiyôun ont établi comme étant jours de fêtes et des occasions. De même que les califes fatimides accordaient une attention particulière à la veille du premier Muharram de chaque année car cela représentait pour eux la première nuit de l’année et marquait son commencement.

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Certes, qu’il n’y a pas d’innovation qui se propage chez les musulmans sans qu’une sunna ne disparaisse en parallèle. Ainsi, tout le bien réside dans le suivi des salafs et tout le mal se trouve dans l’innovation.

Le Prophète (salla Allahu ‘alayhi wa sallam) a dit : « Prenez garde aux choses nouvelles, toute chose nouvelle est innovation et toute innovation est égarement », rapporté par Abou Dawôud.

Il dit aussi : « Quiconque innove dans notre affaire (la religion) une chose qui n’en fait pas partie, celle-ci sera alors rejetée ».

En plus d’être une innovation, la célébration du nouvel an hégirien constitue une imitation des juifs et des chrétiens dans leur tradition de fêter le nouvel an chrétien. Or, il nous a été interdit par les textes du Livre et la sunna, de suivre les passions des gens du Livre et de les imiter.

Allah dit : « Puis Nous t’avons mis sur la voie de l’Ordre [une religion claire et parfaite]. Suis-la donc et ne suis pas les passions de ceux qui ne savent pas. »

A ce propos, voir les explications d’Ibn Taymiyya concernant ce verset dans son précieux ouvrage : « Iqtidâ² as-Sirât al Mustaqîm Mukhâlafat Ashâb al Jahîm » (Emprunter la voie de la droiture et contredire les habitants de la Géhenne).

Le hadith par ailleurs dit : « Celui qui imite un peuple, fait partie d’eux » et aussi : « N’est pas des nôtres celui qui imite autrui ».

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Nul doute que ceci constitue une menace terrible car le Prophète (salla Allahu ‘alayhi wa sallam) ne désavoue pas de la sorte celui qui commet simplement une chose détestable. Plutôt, il désavoue le mécréant ou celui qui a commis un interdit grave faisant partie des grands péchés dans le but de le menacer. L’imitation des mécréants dans leur kufr est une mécréance et les imiter dans ce qui est interdit est interdit. Les imiter dans leurs traditions invalides, est également illicite comme l’a démontré cheikh Al Islam, preuves à l’appui, dans son livre susmentionné. Par conséquent, participer à leurs fêtes ou les suivre et les imiter en cela l’est aussi.

Il faut savoir que la célébration du nouvel an fait partie des fêtes citées par les juifs dans leur Thora falsifiée, ils appellent cela : Roch Hachana, le premier mois du nouvel an juif. Par la suite, les chrétiens suivirent et imitèrent cette tradition en célébrant le nouvel an chrétien. Plus tard, les ignorants parmi les musulmans en firent de même et transposèrent cette célébration au début de l’année Hégirienne. Malgré cela, beaucoup d’autres parmi eux prirent également part à la célébration du nouvel an chrétien.

Evidemment, toutes ces choses sont des innovations et des actions blâmables auxquelles le musulman doué de discernement s’abstient de participer. Il doit aussi réprouver ces agissements avec sagesse ; en prêchant la bonne parole aux gens et en enseignant aux ignorants parmi eux que les musulmans n’ont que deux fêtes : ‘Îd al Fitr et ‘Îd al Adhâ et qu’excepté cela, il n’est permis de célébrer aucune autre fête, qu’elle soit à connotation religieuse, nationaliste ou autre.

Ce principe se fonde sur le hadith suivant rapporté par Anas (qu’Allah l’agrée) qui a dit : « Quand le Prophète (salla Allahu ‘alayhi wa sallam) arriva à Médine, il trouva que les gens avaient l’habitude de s’amuser pendant deux jours qu’ils avaient choisis dans l’année. Il leur dit alors:  » Allah vous a remplacé ces deux jours de fête par deux autres meilleurs : ce sont le jour d’al Adha et celui d’al Fitr  » ».

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Enfin, nous rappelons que les musulmans n’ont pas besoin de célébrer des fêtes et des festivals durant lesquels ils imitent les mécréants pour se rappeler la hijra (l’émigration) du Messager élu (salla Allahu ‘alayhi wa sallam). Les musulmans ne devraient jamais perdre de vue le véritable sens de la hijra, cet acte grandiose qui fut une étape déterminante et indispensable à l’établissement de l’Etat islamique. Cette émigration marqua la limite entre le Vrai et le Faux et entre les adeptes du monothéisme (tawhîd) et les adeptes du polythéisme (chirk).

Ainsi l’alliance et le désaveu font partie des principes les plus solides de la foi, le musulman doit réaliser ce principe et le vivre au quotidien en s’éloignant du chirk et de ses adeptes et en s’alignant sur le tawhîd, en le portant secours ainsi qu’à ses adeptes. Cette hijra doit leur rappeler la parole du monothéisme (tawhîd) qu’ils prononcent et répètent jours et nuits en étant debout ou assis, lors de l’adhân, la prière et tout au long de leur vie. Ils devraient aspirer à réaliser toute la transcendance et la singularité que l’attestion de foi renferme, en veillant à épurer leur adoration de toute forme de chirk et à infirmer la Seigneurie à tout autre qu’Allah. Ainsi, ils ne doivent en aucun cas s’allier avec les non-croyants ou les adeptes de tout autre religion que l’islam et sont tenus de vouer une adoration exclusive à Allah dans le jugement et la législation.

Nous implorons Allah afin qu’Il gratifie les musulmans d’un beau retour vers leur religion.
Prières et salutations sur notre Prophète ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons.

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